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Il a peur du noir : comment réagir ?

Il a peur du noir, des monstres, des loups… Le coucher devient un moment difficile pour lui, comme pour vous. Pour éviter que cela perdure, voici quelques conseils.

4 mins de lecture

Chaque soir, c’est la même histoire : votre enfant ne veut pas aller au lit. Il a peur du noir, des monstres, des loups… Le coucher devient un moment difficile pour lui, comme pour vous. Pour éviter que cela perdure, voici quelques conseils.
Merci à Céline Bruntz, psychologue clinicienne, auteure du blog www.kidipsy.over-blog.com

À quoi correspond la peur du noir ?

Vers 2 ans, l’enfant prend conscience qu’aller se coucher correspond à un moment de séparation d’avec ses parents. La peur du « noir » va alors se développer. Elle correspond en fait à la peur d’être seul, « abandonné », livré à lui-même avec son imaginaire. C’est en effet la période où l’imaginaire se met en place. Se retrouver seul dans son lit face aux ombres et éventuels bruits peut donc vite devenir effrayant pour votre enfant. Mais ce sentiment est tout à fait normal et fait partie de son développement psychologique.

C’est aussi la période du complexe d’Œdipe. L’enfant se rend compte notamment qu’il n’est pas le seul centre d’attention de son parent. Il s’aperçoit aussi que des choses se passent pendant son absence et n’a pas envie d’en être exclu. Voilà pourquoi il se relève plusieurs fois ou vous rappelle avant de s’endormir…

À savoir : un environnement compliqué, des tensions familiales, un déménagement ou encore l’arrivée d’un autre enfant dans la famille peuvent accentuer cette « peur du noir ».

Le rassurer au coucher

« Il faut mettre en place des rituels», explique Céline Bruntz , en commençant par lui expliquer que c’est le moment pour lui d’aller au lit, et que c’est le « temps des grands, des parents », pour vous.
Expliquez-lui aussi en quoi c’est important pour lui d’aller se coucher : « Tu en as besoin, il faut te reposer, c’est un bon moment pour toi… »
Racontez-lui une histoire et dites-lui bien que vous repartez dans le salon ensuite.

Votre enfant se relève ? Réclame un verre d’eau ? A envie de vous dire une chose de la plus haute importance ? Classique ! Acceptez cela une fois, sachez le rassurer, mais faites preuve aussi de fermeté en lui disant qu’il ne doit plus se relever.
Si vous sentez que votre enfant teste vos limites et joue de la situation, restez ferme.
Si, en revanche, vous sentez vraiment l’angoisse chez votre enfant, il faut à la fois rester ferme et le rassurer. Raccompagnez-le dans sa chambre et restez avec lui dix minutes de plus pour qu’il s’apaise. Demandez-lui de quoi il a peur, de vous montrer ce qui l’effraie. N’hésitez pas à allumer une petite lumière et à faire le tour de la chambre avec lui pour lui montrer qu’il n’y a rien, que tout va bien, qu’il est en sécurité dans sa chambre.
Ensuite, vous quittez la pièce. Il vous rappelle ? Faites intervenir l’autre parent pour fixer les limites.

Il vous appelle la nuit

En plein milieu de la nuit, votre enfant crie, pleure, vous appelle. Que faire ? Allez le voir, demandez-lui ce qui ne va pas. Lorsqu’il s’agit d’un réveil à 2 heures ou 3 heures, il s’agit très souvent d’un cauchemar. Faites-le parler pour qu’il évacue ses tensions. Restez cinq à dix minutes avec lui pour le rassurer. S’il est vraiment trop anxieux, restez jusqu’à ce qu’il se rendorme. Vous pouvez aussi lui faire un petit massage pour qu’il se détende. Évitez cependant de le prendre dans votre lit, « car cela pourrait vite devenir une habitude », prévient Céline Bruntz.

Huit astuces pour que la peur du noir s’atténue

  • Mettre une petite veilleuse.
  • Lui dire que vous êtes là, juste à côté.
  • Ne pas fermer complètement les volets ou les rideaux.
  • Lui donner une lampe de poche pour qu’il aille aux toilettes lui-même, par exemple.
  • Lui raconter que vous aussi, enfant, vous aviez peur du noir.
  • Valoriser le fait qu’il ait son coin, sa chambre.
  • Faire du coucher un moment agréable (le lit n’est pas une punition).

Cependant, il est important de faire comprendre à votre enfant qu’un jour il n’aura plus besoin de ces astuces, car il n’aura plus peur. Il faut éviter de trop rentrer dans le jeu de l’enfant qui pourrait finalement abuser de la situation. C’est un juste équilibre à trouver.

Peu à peu, votre enfant va se rassurer, prendre confiance en lui, se développer psychologiquement et être capable de rester seul dans sa chambre. Vers 3 ans, cette peur devrait s’estomper.
Si cela perdure au-delà de 4 ou 5 ans, mieux vaut consulter.

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